A Belem, nous avons commence par organiser notre croisiere sur l’Amazone (le Rio Amazonas pour etre précis)! Nous sommes ensuite partis a la decouverte du marche le plus celebre de Belem: “le Mercado Ver o Peso”. Cela signifie “verifier le poids” car les Portugais exigeaient de verifier le poids des marchandises pour le calcul des taxes. Nous y avons vu des etals de poissons frais, de crevettes, de fruits et legumes, de tapioca et de farofa. Nous avons goute a la noix du Bresil: la castanha (nha se prononce nia). Le gout s’apparente a celui de la noix de coco. Le soir, nous partagions avec la doyenne de l’hotel notre ananas de Sao Luis. A la fin, elle a recupere la peau pour en faire du sirop. Apres une bonne nuit de sommeil, nous nous levions a 6h pour aller attacher nos hamacs sur le pont du bateau. Suivant les conseils de Gilda, qui nous avait vendu les billets, nous voulions une place bien precise: loin des toilettes pour l’odeur, loin des moteurs pour le bruit… Nous commencions a installer nos hamacs quand un grand homme noir est venu nous expliquer dans un parfait anglais qu’il fallait reculer un peu car ici “on met des marchandises”. Guillaume etait un peu reticent: “notre amie Gilda nous a conseille cet emplacement.” L’homme lui a repondu que Gilda, elle ne navigue pas… Nous avons donc suivi son conseil et heureusement car apres quelques minutes de discussion avec ce bon bonhomme, nous apprenions qu’il s’agissait du Capitaine Douglas, originaire des Etats-Unis et vivant au Bresil depuis une vingtaine d’annees.
Nous avons pris notre cafe da manha au Ver o Peso: un bol de bouillie de tapioca saupoudree de cannelle. Puis ce fut un delicieux moment que celui de la visite du splendide Theatro da Paz. La promenade dans l’Estaçao das Docas succeda. Ces anciens entrepots ont ete transformes en un centre commercial ultra-moderne. On y trouve differents espaces: gastronomie, art, ... Nous avons compris ce que le jeune-homme a qui nous demandions la direction voulait dire a travers cette phrase: “l’Estacao das Docas, c’est pour les riches et le Ver o Peso, c’est pour les pauvres”.
Nous avons achete une bonbone d’eau pour eviter de boire l’eau de l’Amazone. Mais ceci etait un faux renseignement puisque l’eau est filtree a bord. Oui car nous avons bel et bien embarque a bord du Rodrigues Alves Navegacao.
La croisiere jusqu’a Manaus dure 5 jours mais nous ferons une halte a Santarem pour le week end.
Nous voici donc suspendus dans nos hamacs avec le temps, pour remonter l’Amazone. Tiens en parlant de l’Amazone, voici quelques informations interessantes:
- l’Amazone est le plus long fleuve du monde avec le Nil,
- le bassin amazonien couvre 6 millions de km² de rivieres et de jungle,
- l’Amazone, c’est 17% des reserves mondiales d’eau douce,
- a son embouchure, son debit atteint 12 milliards de litres par minute!!!
Tous ces hamacs accroches par centaines au pont inferieur (au 2eme etage: les cabines et au 3eme ou pont superireur: la buvette), permettent encore de remettre en question notre proximie culturelle. Pour la soupe collective, on fait la queue avec son assiette et chacun recoit une bonne louche!
Kindie a slalome toute la nuit entre les hamacs pour atteindre les toilettes, ayant a nouveau attrape un petit microbe. Mais rien a voir avec Bangkok…
Charlie en avait assez d’etre sans arret reveille. Oui car Charlie a dormi dans le hamac de Kindie.
Du pont superieur, nous avons admire les rives ou la foret se fait epaisse et dense. Nous avons vu de nombreuses habitations et dans des barques, les descendants des indiens, europeens et africains, qui nous saluaient lors de la traversee et qui emettaint des cris tres ressemblants a ceux des animaux de la jungle. Ces cris sont leur facon de demander un present aux passagers. C’est alors que l’on voit des sachets plastiques remplis de chocolat s’envoler dans les airs et atterir dans le fleuve; les enfants pagayent et crient alors de plus bel. Un spectacle dont on ne se lasse pas.
Dans les arbres touffus, Guillaume a apercu des singes qui sautaient de branches en branches.
A un moment, une barque s’approcha du bateau. Elle s’approcha a tel point qu’on pensa qu’elle allait le percuter. Il n’en fut rien, c’est avec une habilete et une assurance qu’un des 3 enfants a bord lanca un crochet et s’arrima a la coque du navire. On comprit bientot la demarche. Ils venaient vendre leurs fruits et leurs crevettes et acheter avec l’argent fraichement gagne, des paquets de gateaux et autres friandises.
Nous avons note que les passagers bresiliens etaient aussi fascines que nous face a ces enfants d’un monde si “lointain”. Enfin, “lointain”, pas tant que cela. En effet, nous etions etonnes de constater que des fils electriques traversaient “les villages” qui bordent les rives de ce fleuve mythique. Les habitants ont l’electricite, le telephone, la parabole dans leurs petites maisons de bois entourees de troupeaux de vaches ou encore de chevres. Ils vivent des ressources locales: peche, chasse, elevage, culture de mais, recolte des fruits de la foret, qu’ils consomment et vendent.
Et soudain, un instant magique s’offrait a nous: “voyage, voyage” retentissait dans les baffles du navire avec ces paroles si pleines de sens a cet instant precis: “sur l’eau sacree d’un peuple indien [...] Sur le Gange ou l’Amazone...”
Nous avons fait plusieurs rencontres, dont celle de Richard, un petit garcon qui a passe des heures a s’emerveiller avec nous devant les aigles, les “boi” (boeufs), les barques,... Ce petit coquin d’environ 4 ans, qui s’est fait appele Pedro puis Carabelo par ces deux amis francais qui faisaient mine de ne pas voir son petit manege pour mieux le savourer, a cherche Kindie sur le pont pour lui dire au revoir a la bresilienne: on se sert dans les bras et on a parfois comme a cet instant pour votre voyageuse, le coeur qui deborde...
Le dernier soir, nous avons rencontre Franz (un voyageur allemand) et un couple franco-bresilien, avec qui nous avons debarque a Santarem. Mais avant, nous avons pu voir se rencontrer le Rio Tapajos, de couleur noir et le Rio Amazonas, de couleur jaunatre. Nous sommes dans le meme hotel et avons passe hier une agreable journee dans la ville d’Alter do Chao, au bord d’une plage d’eau douce puisqu’il s’agissait du Rio Tapajos. En attendant le bus, nous avons vu un magnifique aras perche dans un arbre, apprivoise d’apres ce qu’on nous a dit. Dans le bus du retour, Kindie etait assise a cote d’une jeune-fille malentendante. Nos mains etaient recouvertes de stylo lorsque nous sortions du bus.
Petite parenthese de Kindie:
“Moi je m’en voulais d’avoir si peu su signer alors que j’ai pris des cours de LSF (langue des signes francaise) en France et que je rabache depuis des annees qu’il faut que je m’y remette. Non cette rencontre n’etait sans doute pas un hasard! Comme toutes les rencontres d’ailleurs... Ce sont les moments que je prefere!!! Cette fille m’a impressionnee. Elle avait une soif de communiquer malgre son handicap. Tous les moyens etaient bons. D’ou nos mains recouvertes de stylos! Quand je lui ai dit que j’etais professeur et que dans ma classe j’avais eu 2 eleves malentendantes en integration, ses yeux se sont eclaires. Comme si la distance etait encore reduite entre nous. Nous avons echange nos mails et je pense qu’elle n’imagine pas ce que ces quelques minutes a ses cotes ont reveille en moi.”
Hier soir, avec notre allemand et notre couple metisse, nous avons festoye et Charlie a adore le sorbet d’acai, un fruit de la region.
Demain, nous reprendrons le bateau pour Manaus, pour la suite de la croisiere s’amuse... ;-)